À Tallinn, des inconnus ont endommagé le monument soviétique “Soldat de bronze”, qui est devenu l’un des symboles les plus discutés du passé soviétique et des controverses politiques actuelles en Estonie

Chas Pravdy - 11 mai 2025 14:21

L’incident s’est produit dans le cimetière militaire de la ville, et ses conséquences ont suscité une nouvelle vague de débats publics sur la perception des symboles soviétiques et la mémoire du passé. Selon des sources – notamment le journal Postimees et le portail ukrainien “European Truth” – des inconnus ont tagué le monument avec de la peinture blanche, et à proximité a été écrit en estonien le mot “küüditaja”, signifiant “déportateur”. Cet acte de vandalisme a été condamné par les forces de l’ordre locales, qui ont déjà ouvert une enquête sur les dommages causés à ce site historique. Selon Vaiko Vaher, chef du bureau opérationnel de la préfecture de Pihkuse, la police recherche actuellement les responsables : “Selon les informations disponibles, il y avait deux vandales. Leurs identités ne sont pas encore établies. Hier soir, la patrouille a inspecté les environs, mais il n’a pas encore été possible de retrouver ceux qui ont commis l’acte de vandalisme.” La police collabore activement avec le gestionnaire du cimetière, le Musée militaire estonien, qui s’occupe déjà du nettoyage du monument des peintures. Selon des représentants des forces de l’ordre, ce n’est pas la première fois ces dernières années que le monument “Soldat de bronze” subit de tels dommages. Fait intéressant, il y a seulement quelques jours, des habitants et des vétérans déposaient des fleurs sur le monument, ce qui témoigne de l’ambiguïté dans la perception de cette mémoire dans la société. Il est important de noter que la signification symbolique du “Soldat de bronze” en Estonie moderne en fait une source de conflits et de confrontations sociales. En 2007, ce sujet est devenu particulièrement sensible lorsque les autorités de Tallinn ont décidé de déplacer le monument du centre-ville vers le cimetière militaire, dans le but d’éviter des provocations et des tensions. Cependant, cette décision a entraîné des conséquences inattendues : des pogroms à grande échelle et une vague d’attaques cybernétiques de la part de la Russie et de ses alliés. Ces événements sont devenus parmi les plus graves de l’histoire des relations estoniano-russes, et restent gravés dans la mémoire des citoyens comme un symbole des conflits aigus du passé et des idéologies politiques contemporaines. Actuellement, la situation avec la destruction du “Soldat de bronze” soulève de nombreuses questions sur la stabilité de la paix civile dans le pays et sur la nécessité de rechercher des solutions de compromis. Les responsables locaux soulignent l’importance de préserver la mémoire et d’éviter de nouvelles provocations, car de tels actes ne font que renforcer la tension dans la société. Les confrontations dépassent le cadre historique : elles se reflètent dans les débats politiques, les protestations publiques et les discussions sur la place du passé soviétique dans la société estonienne contemporaine, qui cherche toujours à définir son identité nationale et sa mémoire historique. Aujourd’hui, les forces de l’ordre promettent de faire tout leur possible pour élucider cette affaire et prévenir de nouveaux actes de vandalisme contre les sites militaires et symboliques. En même temps, il ne reste plus aux Estoniens qu’à espérer que la société trouvera un chemin vers le dialogue et la compréhension, car seule l’union et la tolérance des différentes opinions permettent d’éviter de nouveaux conflits et de préserver l’intégrité de la mémoire historique.

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