La France et le Royaume-Uni sont toujours en train de définir leurs positions concernant le déploiement d’un contingent éventuel en Ukraine après la fin de la guerre

Chas Pravdy - 10 mai 2025 16:34

À ce jour, ils n’ont pas conclu d’accords précis concernant le nombre, la composition ou les lieux de déploiement des forces occidentales. Cela a été clairement indiqué par les représentants des deux pays lors d’une récente rencontre avec des journalistes à Kiev, qui a eu lieu dans le cadre du sommet de la « coalition des déterminés », rassemblant les dirigeants de plusieurs États occidentaux. Selon le président français Emmanuel Macron, le processus de discussion est encore en cours et il n’est pas possible à l’heure actuelle de parler d’une version définitive. « Nous menons des discussions avec tous nos partenaires sous la conduite de la France et du Royaume-Uni. Puis-je annoncer aujourd’hui des résultats ? Non. Nous travaillons sur différents scénarios, et notre décision dépendra en grande partie de la réaction de la Russie. Lorsque cette réponse sera reçue, nous pourrons avancer et élaborer la proposition la plus efficace », a déclaré le dirigeant français. De son côté, la Première ministre britannique, Kiri Starmer, a confirmé que la question du déploiement de forces militaires en mer, dans les airs et sur terre n’était pas encore définitivement tranchée, en raison de l’absence de fin claire des hostilités et du régime de cessez-le-feu. « La question du contingent dans les trois domaines reste ouverte, car la situation est incroyablement variable et dépendra de l’évolution ultérieure des événements sur le champ de bataille », a-t-elle indiqué. Cependant, Starmer a souligné que le rôle des forces occidentales dans le futur processus de paix est important et nécessaire, car sans leur présence, il sera très difficile d’atteindre une paix durable et stable. « Un contingent sans contact n’est pas simplement un élément additionnel, mais une composante clé des accords. En son absence, la volonté de Poutine de rompre même la paix conclue pourrait considérablement augmenter. L’histoire a déjà connu des précédents où des accords n’étaient pas respectés en raison de la non-garantie de telles assurances », a insisté Starmer. Il a ajouté que leur objectif principal était une paix durable et sincère, et que de brèves « trêves » n’excluaient pas de futurs conflits. Les deux politiciens ont à nouveau confirmé que le contingent occidental n’est pas la seule garantie de la sécurité de l’Ukraine, mais seulement l’un des éléments du système de sécurité. Selon Macron, la première ligne de défense doit être l’armée ukrainienne elle-même, le principale bouclier de défense. La seconde est la dissuasion d’une éventuelle offensive et, si nécessaire, la présence des forces occidentales. « Nous devons travailler à renforcer l’armée ukrainienne pour qu’elle devienne un élément de dissuasion capable de défendre elle-même l’État », a souligné le président français. En confirmant cette idée, Starmer a indiqué que la stratégie de sécurité doit reposer sur une conception de défense à plusieurs niveaux, où chaque échelon joue son rôle dans la protection de l’Ukraine contre d’éventuelles menaces externes. Il a souligné qu’aucune force occidentale, même puissante, ne pourra à elle seule contenir l’agresseur si l’armée ukrainienne n’est pas soutenue, renforcée et modernisée. Ce qui a précédé ces discussions est connu grâce aux résultats du récent sommet de la « coalition des déterminés », qui a eu lieu le 10 mai à Kiev. Lors de cet événement, les participants ont convenu d’intensifier la politique de sanctions contre la Russie en cas de refus de la trêve. L’Union européenne et les États-Unis ont notamment annoncé leur intention de renforcer les sanctions si Moscou tente d’ignorer les accords de paix. Par ailleurs, selon Starmer, les pays occidentaux sont prêts à maintenir la pression sur Moscou tant que la Russie n’aura pas consentie à une paix durable. Dans ce contexte, l’une des principales sources de tension reste la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky s’est opposé à l’idée de créer une zone démilitarisée sur la ligne de front avec la Russie, suivant les propositions de l’ancien ministre canadien des Affaires étrangères, Iggy Kello, en soulignant que sans une protection active et un appui militaire pour défendre ses frontières, le pays resterait en danger accru. Ce signal en direction de la communauté internationale indique que la stabilité et la sécurité de l’Ukraine doivent rester une priorité essentielle dans tout accord. Ainsi, la question du rôle et de la composition du contingent occidental dans l’avenir politique de l’Ukraine reste ouverte, confrontée à des considérations sur les défis sans précédent que la communauté internationale doit relever dans ce conflit. Les décisions concrètes continueront de dépendre non seulement de la volonté politique, mais aussi de l’évolution de la situation militaire, des négociations diplomatiques et de la capacité de toutes les parties à trouver des compromis pour assurer une paix durable et une stabilité régionale.

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