Les services de renseignement britanniques ont fourni une explication approfondie des motivations qui poussent Vladimir Poutine à adopter une rhétorique intransigeante autour des armes nucléaires, malgré le conflit militaire ouvert avec l’Ukraine

Chas Pravdy - 08 mai 2025 21:31

Dans leur rapport annuel publié le 8 mai, le ministère de la Défense du Royaume-Uni a analysé en détail les dernières déclarations du leader russe et conclu que les mots de Poutine sur « la non-use » des armes nucléaires reposent sur une stratégie plus profonde. Selon cette revue, il est tout à fait évident que de telles déclarations font partie d’une tactique depuis longtemps établie par la direction russe — utiliser la rhétorique nucléaire pour créer une pression psychologique, semer la confusion dans la communauté internationale, et en même temps manipuler la perception du public en Russie. Il est connu que Poutine a exprimé le 4 mai l’opinion que la Russie n’a « pas eu besoin » d’utiliser des armes nucléaires durant la guerre totale contre l’Ukraine, et il a espéré que cela ne sera pas nécessaire. Selon les analystes britanniques, ces déclarations ont non seulement une portée symbolique, mais également une signification pratique — elles visent à maintenir une tension élevée et à tenir le monde dans un état d’incertitude. Un autre aspect important est le renforcement du message selon lequel la Russie « lutte seule contre l’Occident collectif », ce qui devient partie intégrante d’une nouvelle rhétorique plus agressive, qui s’éloigne progressivement du récit initial sur la « opération militaire spéciale ». Contrairement aux formulations initiales qui donnaient l’impression d’un conflit temporaire et local, la propagande russe promeut désormais largement l’idée d’un combat global, ayant pour but de justifier une guerre prolongée et des pertes croissantes. Les analystes soulignent que cette rhétorique vise probablement à justifier la nature prolongée de la guerre, à consolider une idéologie de justification pour la poursuite efficace des hostilités, et à réduire le moral de l’adversaire. Selon eux, cela pourrait également représenter une tentative délibérée de persuader les Russes que la guerre durera longtemps, et qu’il faut être prêts à faire face à des pertes et à des crises dans la vie quotidienne, y compris une baisse du niveau de vie. Dans ce contexte, la politique intérieure joue également un rôle, tandis que la peur et la menace potentielle d’utiliser des armes nucléaires deviennent des instruments de pression psychologique aussi bien pour l’extérieur que pour l’intérieur. Plus tôt, les services de renseignement britanniques mettaient en garde contre une possible aggravation des pertes russes d’ici 2025. Parmi les risques évoqués figuraient une baisse significative des prix du pétrole, ce qui pourrait mettre en danger la stabilité financière du pays et le niveau du budget prévu pour l’année suivante. Cela compliquerait le financement de la guerre et pourrait gravement compromettre la capacité de la Russie à maintenir de hautes dépenses militaires et une mobilisation continue. Le résumé des analystes britanniques laisse penser que, malgré les tentatives extérieures de freiner cette rhétorique hostile, Poutine et son équipe continuent d’utiliser le langage nucléaire comme un outil de pression psychologique, qu’ils peuvent potentiellement activer à tout moment. Par ailleurs, la politique intérieure et la situation économique du pays montrent une nouvelle fois que la direction russe se prépare à une guerre longue et épuisante, vraisemblablement avec des pertes humaines et matérielles élevées. En réalité, cette stratégie crée un espace psychologique particulier où toute utilisation des armes nucléaires resterait une possibilité potentielle, susceptible d’être déclenchée en cas de nécessité extrême. En résumé, les analysts britanniques concluent que la rhétorique de Poutine continuera vraisemblablement à être un instrument de la politique intérieure et extérieure, visant à justifier la durée du conflit, à augmenter les pertes russes, et à préparer psychologiquement la population tout en consolidant un sentiment de patriotisme. Il apparaît évident que l’idée avec l’arme nucléaire reste un atout stratégique que la Russie pourrait sortir de sa manche en moments critiques, afin de maintenir le monde dans la crainte et de soutenir, en même temps, le front intérieur par la mobilisation et la réduction du niveau de vie des citoyens.

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