Les capitales européennes cherchent tendument des moyens d’éviter un conflit avec Donald Trump à l’approche d’un sommet important de l’OTAN, craignant que toute décision imprudente ou provocante ne compromette celui-ci

Chas Pravdy - 08 mai 2025 13:28

Selon une source de la publication réputée Financial Times, la situation à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes se caractérise par un niveau accru de nervosité et une volonté de prudence dans les manoeuvres diplomatiques. Dans le cadre de cette stratégie, les représentants officiels de l’Union européenne appellent à la suspension temporaire de toute action significative contre les États-Unis jusqu’à ce que les résultats des événements à venir dans le cadre de la réunion de l’OTAN, prévue en juin à La Haye, soient clarifiés. Selon des sources, les diplomates et les responsables de différents pays savent que Bruxelles insiste sur la minimisation maximale des risques et sur le fait d’éviter toute mesure susceptible de provoquer une confrontation avec le président américain. Cela signifie notamment la suspension de toute prise de décision importante concernant la coopération avec les États-Unis jusqu’à ce que le résultat du sommet de l’OTAN soit connu. Les dirigeants européens cherchent à réduire l’anxiété dans leurs relations avec Washington et à limiter au maximum l’ampleur du sommet afin de ne pas donner à Trump l’occasion de créer un obstacle à l’intensification des tensions ou à de potentiels conflits. Les discussions dans les capitales et les négociations tendues avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, portent sur la manière de calmer le président américain imprévisible. Par ailleurs, à Bruxelles, on invite la Commission européenne à éviter les confrontations publiques ouvertes avec la Maison Blanche à l’approche d’événements cruciaux. Cela inclut l’évitement de provocations dans les discussions sur les sanctions commerciales en réponse aux tariffs que Trump a imposés à l’Europe, le report de décisions concernant l’achat de nouvelles armes au sein de l’UE ou de l’Amérique, ainsi que l’abstention de critiquer la politique américaine envers l’Ukraine et les questions liées à l’annexion du Groenland. Comme le soulignent des hauts responsables, la tension avant le sommet de La Haye s’intensifie, et la tâche principale est désormais d’assurer la transition la plus fluide possible de l’événement et de préserver l’unité de l’OTAN. L’une des priorités est de faire en sorte que Trump se sente utile et qu’il comprenne que cette visite lui profite, tout en évitant les situations susceptibles de provoquer l’annulation du sommet ou une crise conflictuelle. Il est important de noter qu’à Bruxelles et dans d’autres capitales, des plans concernant le futur potentiel de défense européen sont également en cours d’élaboration. L’idée principale est de développer une transition fiable et structurée, passant de la domination américaine dans la défense de la région à une autonomie active de la défense européenne. Des responsables de l’OTAN et de l’Union européenne insistent sur le fait que la mise en place d’un tel système pourrait prendre de cinq à dix ans, en tenant compte de la nécessité d’augmenter les budgets de défense et de moderniser les forces armées. Dans ce contexte, la question du financement devient cruciale. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a proposé un nouveau modèle de financement permettant aux États membres de satisfaire à l’exigence de Trump d’augmenter leurs dépenses de défense à 2 % du PIB. Cette approche vise à assurer une contribution plus équilibrée et coordonnée à la sécurité commune, à réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis et à établir une base pour une politique de défense plus autonome des pays européens. On prévoit que lors du sommet de l’OTAN à La Haye, les enjeux de réduction de la dépendance de l’Europe envers les ressources militaires américaines et de la création d’un système de défense plus stable et autosuffisant pour la région seront au centre des discussions stratégiques dans les mois à venir. Les discussions et ces plans devraient devenir les éléments clés des négociations à haut niveau dans les prochains mois. En effet, selon des analystes et diplomates, il est depuis longtemps urgent pour l’Europe de créer sa propre infrastructure de défense capable de répondre aux menaces actuelles et de faire face activement aux défis futurs. Ainsi, le labyrinthe diplomatique tendu dans lequel évolue actuellement Bruxelles reflète la volonté de trouver un équilibre entre le désir de préserver la stabilité des relations avec les États-Unis et la nécessité de développer progressivement une politique de défense indépendante. Tout cela se déroule dans un contexte de mises en garde et de prévisions selon lesquelles cette dynamique pourrait soit renforcer l’Europe et sa capacité à se défendre seule, soit conduire à de nouvelles crises et conflits avec la puissance mondiale dominante.

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