La Roumanie répond à Poutine : les tentatives de faireaccuser Bucarest de la guerre contre l’Ukraine ont reçu une réponse ferme

Chas Pravdy - 07 mai 2025 13:30

Dans les rapports géopolitiques contemporains et les discussions diplomatiques entre les pays membres de l’OTAN et la Russie, la question de la responsabilité dans la guerre qui dure en Ukraine devient de plus en plus cruciale. La récente allocution du président russe Vladimir Poutine, dans laquelle il accuse la Roumanie et la Bulgarie de favoriser la tension et leur impute une responsabilité importante dans le conflit dévastateur, a déclenché une réaction vive du gouvernement officiel de Bucarest. Le Ministère des Affaires étrangères de la Roumanie a publié une réponse claire et ferme par l’intermédiaire de son porte-parole Andrei Tsarneac, soulignant que toutes les accusations des dirigeants russes ne sont qu’une tentative de détourner la responsabilité de l’agression sur d’autres pays. Selon le représentant diplomatique, la décision d’adhérer à l’OTAN est un choix souverain des citoyens libres du pays et des États alliés, et ne menace en rien la stabilité ou la sécurité de la région. Au contraire, a insisté Tsarneac, cette intégration stratégique a été une réponse à l’agression russe et à la volonté de protéger l’espace européen contre la sauvagerie de la Russie engagée dans la guerre. Le porte-parole a également souligné que Poutine, dans sa rhétorique, revient à des récits bien connus qui ont servi de prétexte pour déclencher la guerre, notamment l’annexion de la Crimée et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. « La seule véritable menace à la stabilité régionale en Europe provient de la Fédération de Russie. Elle mène une guerre illégale, bombarde brutalement la population civile et commet de nombreux crimes de guerre. En outre, le Kremlin propage activement de la désinformation et mène une propagande anti-européenne et anti-OTAN, visant à affaiblir l’unité des valeurs occidentales », a déclaré Tsarneac. Réagissant avec prudence mais avec détermination aux accusations, il a souligné que la Russie utilise des outils de propagande pour justifier son agressivité. La propagande est notamment illustrée par un documentaire intitulé « La Russie. Le Kremlin. Poutine. 25 ans », diffusé par la chaîne d’État russe « Rossiya 1 ». Ce film, basé sur des archives et des interviews, comporte notamment une phrase du leader russe, formulée il y a quelques années, dans laquelle Poutine accuse la possibilité de déploiement de bases américaines en Bulgarie et en Roumanie dans le contexte de l’expansion américaine. La vidéo présente également des citations modernes dans lesquelles il indique que ses remarques antérieures avaient pour but de faire passer sa conception à l’Occident et de voir la réaction, mais celle-ci n’a pas répondu à ses attentes, ce qui a finalement conduit à la guerre en Ukraine. Les images montrées et les commentaires confirment que le Kremlin cherche à justifier son agressivité, notamment à travers des idées sur la « menace » de l’OTAN et de l’Occident. La vidéo évoque aussi que Poutine, dans ses entretiens et discours, a toujours défendu une conception ancienne, surtout en ce qui concerne l’annexion de la Crimée et la guerre en Ukraine, en justifiant ses actions par la nécessité de protéger les intérêts russes. Des analystes américains et européens ont remarqué que ce documentaire recourt à une utilisation brutale et cynique de l’histoire et des événements actuels pour forger un front idéologique visant uniquement à justifier la politique de Poutine. Selon les rapports présentés dans le film, les paroles de Poutine et les archives sont partie intégrante d’une campagne d’information visant à renforcer le soutien en Russie et à créer une image idéalisée du leader auprès de ses partisans. Il est également important de noter que ces messages sont activement accompagnés d’appels à la « défense des intérêts russes » et de la négation de toute provocation de la part de l’Occident. En même temps, Poutine, dans ses déclarations, ne cesse de réaffirmer que son objectif est exclusivement de préserver l’influence de la Russie, même par la guerre, tout en espérant que l’utilisation d’armes nucléaires pourra un jour être évitée. Au parlement roumain, une discussion politique active se poursuit concernant la guerre et ses conséquences. Notamment, il convient de souligner que lors du premier tour de l’élection présidentielle début mai, le candidat d’extrême droite, George Simeon, qui exprime ouvertement des vues pro-russes, a remporté la victoire. Sa part de voix s’élevait à environ 41 %, tandis que son principal opposant, le maire libéral de Bucarest, Nicusor Dan, a recueilli moins de 21 %. Bien que Simeon ait été interdit d’entrée en Ukraine en 2024 pour activités anti-ukrainiennes, ses partisans continuent à défendre une politique ouverte envers la Russie et s’opposent à l’acheminement d’armes à l’armée ukrainienne. Ces événements témoins non seulement des tensions internes dans la société, mais aussi du contexte géopolitique global. La Roumanie, en tant que pays membre de l’OTAN et parmi les partenaires les plus actifs de l’Ukraine, maintient une position diplomatique indépendante et libre, rejetant toute accusation infondée et cherchant à assurer la sécurité et la stabilité dans la région, tout en réagissant activement aux tentatives de propagande russes visant à semer la discorde et le désespoir.

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