Avant la veille de la Journée de la Victoire, le 9 mai, une délégation de députés européens sera envoyée à Moscou, ce qui suscite de nombreux débats et évaluations controversées

Chas Pravdy - 07 mai 2025 18:39

Si traditionnellement les célébrations en Russie à cette date sont un symbole de commémoration de la victoire dans la Grande Guerre patriotique, cette année, l’événement a été amplifié par le contexte particulier lié à la présence des invités du Parlement européen, qui ont l’intention de visiter Moscou même en période de tensions et de conflits exacerbés par l’agression russe contre l’Ukraine. Selon des informations provenant de sources internationales, parmi les participants prévus issus de l’UE se trouvent de petits groupes de députés européens, notamment deux représentants allemands membres de ce qu’on appelle l’Alliance de Sara Wagenknecht. Il s’agit de Ruth Firmenich et de Mikhail von der Schulenburg, qui ont déclaré leur intention de participer aux cérémonies officielles à Moscou à l’occasion du 9 mai. À cela s’ajoutent trois autres politiciens européens — de la République tchèque, de Slovaquie et de Chypre. Selon des sources, leur objectif est de rencontrer des représentants de la Douma d’État russe ainsi que d’autres figures politiques et culturelles locales. Ils soulignent que cette visite revêt une valeur symbolique certaine, notamment visant à surmonter la spirale croissante de la confrontation et de la tension au sein de l’espace européen. Le groupe prévoit également de visiter Kiev, ce dont ils ont déjà contacté l’ambassade ukrainienne, en considérant cette visite comme une opportunité d’engager un dialogue et de chercher des moyens de désescalader la tension. Cependant, certains critiques jugent cette démarche très contestable, voire provocatrice dans le contexte actuel des événements et des sanctions internationales contre la Russie. En ce qui concerne la position personnelle de l’une des participantes — Sara Wagenknecht — elle a exprimé ses opinions sur ce type de voyage en fonction de ses convictions personnelles et de son rôle historique. Wagenknecht a souligné qu’elle ne voit aucun scandale dans cela et a évité toute critique quant aux éventuels motifs politiques. Elle a assuré que ses collègues, Firmenich et von der Schulenburg, ont l’intention de déposer des gerbes devant le monument du Soldat Inconnu à Moscou, en prévision du 80e anniversaire de la libération des territoires russes des occupants nazis. Selon la députée, ces actions ne seront pas liées à la participation à des défilés militaires ou à d’autres événements officiels. Il est à noter qu’en février de cette année, Wagenknecht a été confrontée à des critiques et a dû répondre à des questions concernant sa réaction face aux événements en Ukraine et sa position envers l’État ukrainien. Elle a avoué ne pas ressentir de joie à l’idée que l’Ukraine existe toujours comme un État indépendant, et elle a exprimé une opinion sur la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie, soulignant que sans les ressources énergétiques bon marché de la Russie, l’industrie allemande et européenne « n’auraient aucune chance » de survie et de compétitivité. Les événements autour de la future visite des eurodéputés à Moscou, en pleine tentative de l’UE et de l’Ukraine de renforcer leurs efforts pour stopper l’agression russe, remettent en question leur intégrité et leur fidélité aux valeurs de la solidarité européenne. Plus encore, ils soulèvent des doutes quant au fait que cette activité diplomatique ne serve de couverture à des accords politiques plus obscurs et si elle contribuera réellement à la recherche de la paix ou si elle ne fera qu’accroître l’ancrage du régime de Vladimir Poutine. Globalement, ces événements rappellent une nouvelle fois la complexité et la multifacette de la scène politique européenne, où les questions de morale et de pertinence politique croisent de plus en plus souvent les intérêts personnels et les objectifs stratégiques de certains acteurs. Par ailleurs, la communauté ukrainienne reste particulièrement sensible à toute manifestation de complicité lors de visites dans un pays agressif. Seul le temps dira si cette visite apportera de nouveaux arguments au débat public ou si elle ne sera qu’une nouvelle source de divergences dans l’esprit des politiciens européens.

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