L’Union européenne a annoncé son intention de se débarrasser complètement de sa dépendance aux ressources énergétiques russes d’ici la fin de 2027, faisant un pas supplémentaire vers l’indépendance et la sécurité énergétiques

Chas Pravdy - 06 mai 2025 17:33

Ce plan ambitieux prévoit non seulement la cessation totale des importations de gaz russe, mais aussi une réduction significative des achats de pétrole russe, la lutte contre le transport illégal de la flotte « grise » russe, ainsi que la diminution de la dépendance aux ressources russes dans le secteur nucléaire, notamment avec des restrictions sur l’approvisionnement en uranium. Ce document stratégique, connu sous le nom de feuille de route vers le plan REPowerEU, a été publié le 6 mai à Strasbourg par la commissaire européenne à l’énergie, Kadri Simson. Dans son discours, elle a souligné que l’objectif clé est de se détourner totalement des ressources énergétiques russes, notamment du gaz, dans un délai de trois ans. « L’Union européenne s’est fixée un chemin clair vers l’indépendance énergétique — cesser l’importation de gaz russe d’ici la fin 2027 », a déclaré Simson, ajoutant que dès le mois de juin 2025, la Commission européenne présentera des propositions législatives pour mettre en œuvre ce plan. Selon la responsable européenne, d’ici la fin 2025, chaque pays membre de l’UE devra préparer ses plans nationaux pour la transition progressive hors des ressources russes dans le secteur énergétique — et pas seulement le gaz, mais aussi le pétrole et l’énergie nucléaire. Cela implique que tous les acteurs doivent intensifier leurs efforts de diversification des approvisionnements et de recherche de sources d’énergie alternatives. Selon les données disponibles à « l’Europe de la vérité », en 2024, l’Union européenne a importé de Russie environ 52 milliards de mètres cubes de gaz, dont 32 milliards de mètres cubes de gazoduc et plus de 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié (GNL). Cela représentait près de 19 % de l’ensemble des importations de gaz de l’UE. De plus, l’année dernière, la Pologne, l’Italie, la France, l’Allemagne et d’autres pays ont continué à acheter du pétrole brut russe — environ 13 millions de tonnes — ainsi que plus de 2800 tonnes d’uranium sous forme enrichie ou de combustible. Il est important de noter que dix des 27 États membres de l’UE restent des pays qui importent du gaz russe en 2024, alors que seulement trois pays poursuivent leurs approvisionnements en pétrole russe, et sept reçoivent de l’uranium ou des services liés à son traitement. Cela témoigne du niveau de dépendance qui subsiste dans certaines régions de l’Union, mais la réduction progressive est déjà intégrée dans les plans stratégiques. En ce qui concerne les mesures concrètes, la feuille de route prévoit que de nouveaux contrats avec des fournisseurs russes de gaz — tant pipeliné que GNL — ne seront pas conclus. Les obligations contractuelles existantes à court terme seront progressivement terminées d’ici la fin de 2025, permettant ainsi de réduire d’un tiers le volume résiduel d’importation de gaz russe dès la fin de 2024. En fin de compte, toute utilisation du gaz russe doit être complètement arrêtée d’ici la fin de 2027. En ce qui concerne le secteur pétrolier, bien que la part du pétrole russe dans l’approvisionnement total ait déjà diminué à environ 3 % en 2024, l’UE élabore des mesures supplémentaires pour lutter contre le transport illégal de pétrole russe via la flotte « grise », qui continue à effectuer des importations illégales. Il est également prévu de limiter la fourniture d’uranium et d’uranium enrichi importé de Russie, ce qui constitue un élément clé pour les installations nucléaires européennes. Cela inclut l’initiative « Vallée européenne des isotopes radioactifs », visant à fournir aux États membres une source alternative d’isotopes pour des usages médicaux et industriels. L’objectif est que l’industrie européenne augmente sa propre production de ces matériaux pour réduire sa dépendance vis-à-vis des approvisionnements russes. Les experts soulignent que dans le cadre de ce plan, la Commission européenne évalue déjà la possibilité d’interdire législativement la signature de nouveaux contrats par des entreprises de l’UE pour l’achat de combustibles fossiles russes. Cela va de soi, puisque la politique énergétique est en train de se réformer afin de réduire l’influence de la Russie sur les ressources énergétiques européennes, tout en renforçant la sécurité énergétique propre. Par ailleurs, des efforts de recherche de solutions alternatives ont déjà été engagés, notamment par le développement accru des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la mise en place de nouveaux projets infrastructurels. C’est la seule façon pour l’Europe de fonctionner de manière indépendante et sécurisée, d’éviter les chocs énergétiques et d’assurer à ses citoyens un équilibre ressources stable et propre. Pour découvrir comment la Pologne et quelques autres pays ont déjà réussi à se passer du gaz russe, ainsi que leurs expériences et leçons, consultez l’article spécial « Cap sur l’indépendance énergétique : comment la Pologne a tourné le dos au gaz russe », qui approfondit cette thématique de manière plus détaillée et systémique.

Source