En Roumanie, les élections présidentielles ont commencé, devenant particulières en raison de l’annulation des résultats précédents et suscitant un vif intérêt tant à l’intérieur du pays qu’au-delà de ses frontières

Chas Pravdy - 04 mai 2025 08:24

C'est le premier tour de scrutin à s'accompagner d'une tension politique intense, dans un contexte marqué par une série d'événements qui ont profondément impacté la situation dans la région et en Europe en général. Le processus électoral a débuté tôt le matin — à 7h00 dimanche — lorsque les premières stations ont ouvert, et il se poursuivra jusqu'à 21h00 le soir. Les citoyens ont le droit de choisir parmi 11 candidats, dont l'intérêt le plus marqué est suscité par l'extrémiste de droite eurosceptique George Simion, qui ambitionne de devenir le nouveau président du pays. On prévoit qu'il accède au second tour, ce qui rendra l'élection encore plus tendue, compte tenu de sa ligne politique et de sa rhétorique hostile à l'intégration européenne et à l'OTAN. Le contexte de ces élections est long et tendu. Le premier tour, qui s’est déroulé fin novembre 2024, a été annulé par la Cour constitutionnelle de Roumanie en raison de manipulations massives et d’ingérences extérieures — réseaux sociaux, infiltrations d’influences étrangères et falsifications. Lors de cette première étape, un candidat polémique, populiste et anti-Europe, Kelein Georgescu, avait remporté la victoire. Cependant, comme les résultats avaient été contestés et annulés, un nouveau vote est en train d’avoir lieu. Un aspect important est la liste de 11 candidats pour cette élection, mais l'opposition principale de George Simion au second tour, qui sera décidé dans deux semaines — le 18 mai — sera assurée par deux politiciens centristes. En particulier, l’ancien sénateur de 65 ans, Crin Antonescu, qui bénéficie du soutien de trois partis gouvernementaux prônant un avenir européen pour la Roumanie, possède une longue expérience politique en diplomatie. Son principal rival est le maire de Bucarest, Nicușor Dan, 55 ans, candidat indépendant, qui met l’accent sur la lutte contre la corruption et souhaite renforcer la position du pays dans l’Union européenne et l’OTAN. Les citoyens votant depuis l’étranger ont déjà commencé leurs démarches vendredi, avec une forte participation. Cet intérêt élevé et cette activité active des Roumains de l’extérieur témoigne d’un engagement profond pour l’avenir du pays. Selon les sondages d’avant-vote, Simion détient actuellement environ 30 % des voix, loin des 50 % nécessaires pour éviter un second tour. C’est donc contre deux candidats centristes — Antonescu et Dan — que se dessinera la compétition, chacun ayant ses arguments forts et ses chances. Un autre point crucial concerne la politique étrangère des candidats. Tous soutiennent l’adhésion de la Roumanie à l’UE et à l’OTAN, reprennent leur appui à l’Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe, et prônent une intégration stabile dans les structures occidentales. Par ailleurs, la question de l’influence des candidats prorusses et de leurs programmes politiques reste une source de tension supplémentaire dans cette campagne électorale. Après le dépouillement et l’annonce officielle des résultats, le CSA (Commission électorale centrale) désignera le vainqueur, et le second tour décidera en fin de compte du futur président. Ces élections en Roumanie ont une portée non seulement nationale mais aussi européenne, car le choix du chef de l’État peut orienter la trajectoire future de la région en matière d’intégration européenne, de sécurité et de coopération. Dans le contexte des processus internationaux, l’escalade rapide des tensions autour de l’Ukraine revêt une importance particulière, et les voix des Roumains à l’étranger joueront un rôle clé dans la formation du futur du pays. Pour en savoir plus sur les candidats, leurs positions politiques, ainsi que sur la manière dont ces élections pourraient bouleverser le paysage politique roumain, consultez nos articles. Notamment, les analyses sur les candidats prorusses et les scénarios possibles du second tour suscitent déjà un vif intérêt parmi les analystes et observateurs politiques dans toute la région.

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