L’Inde réduit son niveau d’engagement gouvernemental lors des cérémonies militaires à Moscou, le 9 mai, ce qui constitue un revirement inattendu dans les relations diplomatiques du pays avec la Russie, qui étaient auparavant assez chaleureuses et amicales

Il est connu que, en raison de l’augmentation des tensions dans la région et de la montée des conflits avec le Pakistan voisin, la direction indienne a décidé de réduire le niveau de représentation officielle lors de la grande célébration militaire de l’année, qui marque la victoire de l’Union soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale. Plus précisément, le ministre de la Défense du pays, Rajnath Singh, ne participera pas au défilé militaire traditionnel, qui rassemble chaque année sur la Place Rouge des milliers de militaires, de hauts responsables et de délégations du monde entier. Selon des informations préliminaires, l’Inde pourrait être représentée par le vice-ministre de la Défense, Sanjay Seth, mais cela n’a pas encore été confirmé de manière définitive par des témoins oculaires ou des sources diplomatiques. D’après le journal « The Hindu », des responsables ont donné cette instruction, en se référant à des considérations internes et à une stratégie visant à éviter une couverture médiatique excessive à l’échelle mondiale dans le contexte des relations difficiles avec la Russie. La décision de ne pas participer au défilé à Moscou ignore l’invitation envoyée par la Russie elle-même au Premier ministre Narendra Modi, à l’occasion du 80e anniversaire de la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie, qui constitue l’un des symboles principaux de la mémoire historique pour la Russie et ses compatriotes. Il était initialement prévu que Modi représente l’Inde lors de cet événement d’envergure, mais en raison de nouveaux défis politiques et sécuritaires, sa visite a été annulée. Il s’agit du premier cas depuis plusieurs années où des hauts responsables indiens abstiennent de participer à des cérémonies militaires à Moscou à l’occasion de la Journée de la victoire. Le vice-ministre de la Défense, Seth, pourrait ouvrir la possibilité pour l’Inde de participer au défilé sous une forme plus restreinte que prévu initialement, ce qui pourrait indiquer un changement dans la politique diplomatique du pays vis-à-vis de la Russie à cette date historiquement importante. Si les autorités russes envoyaient des invitations sincères à des hauts dignitaires étrangers pour célébrer cet anniversaire, la tonalité diplomatique de l’Inde officielle est devenue plus réservée, et ses dirigeants déclarent ouvertement qu’il y a une tension croissante dans la région. Ce contexte est aggravé par le fait que la vie politique dans les pays d’Europe de l’Est et des Balkans a également pris une tournure particulière. En particulier, le président serbe, Aleksandar Vučić, était en pleine rupture tectonique avec ses propres plans concernant son déplacement à Moscou, à la veille des célébrations annoncées. Au début, il avait annoncé son intention de visiter la Russie le 9 mai, avec le soutien annoncé de Poutine. Cependant, le 3 mai, on a appris qu’il avait été hospitalisé à l’hôpital militaire en raison de graves problèmes de santé, ce qui complique ses démarches diplomatiques en cette période. Par ailleurs, la position des dirigeants ukrainiens demeure inchangée : l’Ukraine a clairement indiqué qu’elle n’était pas en mesure de garantir la sécurité des délégations étrangères souhaitant se rendre à Moscou pour participer aux cérémonies festives. La vice-présidente de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a récemment appelé les dirigeants des pays européens à renoncer aux visites à Moscou le 9 mai, soulignant l’importance de la solidarité avec l’Ukraine et montrant l’unité face à l’agression russe. Elle et d’autres responsables européens insistent sur le fait que leur position principale consiste à soutenir les appels à la diplomatie et à éviter une participation officielle aux célébrations militaires à Moscou. Cependant, parmi les pays capables de prendre des décisions indépendantes et compte tenu des invitations reçues du Kremlin, il y a aussi des inquiétudes. Notamment, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a discuté lors de ses déclarations publiques et entretiens récents de la possibilité de se rendre à Moscou le 9 mai. Cela suscite des opinions divergentes et remet en question l’unité européenne sur les questions de politique envers la Russie, surtout à l’approche de nouvelles séries de sanctions et de décisions diplomatiques au niveau international. Dans l’ensemble, la situation concernant la participation de divers pays aux célébrations du 9 mai à Moscou entre dans une nouvelle phase, reflétant un contexte mondial plus complexe et multipolaire. Ces événements servent également de test pour mesurer les états d’esprit, les stratégies et la volonté politique des pays vis-à-vis de la Russie, de sa place dans le système mondial et de leurs propres orientations de développement dans un monde qui devient de plus en plus un champ de manœuvres diplomatiques délicates et d’équilibres fragiles.