Les documents internes de l’ONU lèvent le voile sur une réforme majeure face à la crise de financement

L’Organisation des Nations Unies se prépare à des changements importants dans sa structure et son fonctionnement afin de faire face à l’un des plus grands défis de ses plus de 80 ans d’histoire : la réduction drastique du financement de la part des donateurs, notamment les États-Unis. En raison d’une crise financière aiguë, l’ONU envisage de procéder à des réorganisations radicales, parmi lesquelles la fusion de ses principales agences, l’optimisation des coûts et la réduction du personnel dans les emplacements coûteux. Selon un mémorandum interne, auquel Reuters a eu accès, ce document a été préparé par un groupe de travail spécialement créé et dirigé par le Secrétaire général AntónioGuterres. Ce document propose des mesures à grande échelle visant à accroître l’efficacité de l’organisation en réponse à la pression financière croissante. Le plan préliminaire prévoit la fusion et l’optimisation de dizaines d’organismes internationaux. L’un des axes clés est la consolidation de services tels que le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF, l’OMS et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés — en une seule structure humanitaire, ce qui permettrait de réduire la duplication des fonctions, d’éviter la dispersion des ressources et d’accélérer les interventions en situation de crise. L’un des points à l’ordre du jour est la réduction des locaux administratifs : il est notamment prévu de transférer une partie du personnel des capitales américaines et européennes vers des régions moins coûteuses, ainsi que de regrouper les bureaux à Rome, ce qui constituerait une étape logique dans l’optimisation des dépenses. Selon des sources non officielles, il est souligné dans le document que l’ONU traverse actuellement l’une des crises les plus graves de son histoire : depuis le début de l’année, ses principaux donateurs, notamment les États-Unis, sont devenus défaillants dans le paiement de leurs contributions. D’après les sources, seuls les États-Unis doivent environ 1,5 milliard de dollars au titre du budget ordinaire, ainsi que plus de 1,2 milliard pour les opérations de maintien de la paix. Cette situation impacte fortement la capacité de l’ONU à remplir ses missions principales : aide humanitaire, maintien de la paix, initiatives de développement et protection des droits de l’homme. Selon des médias américains, le ministère américain des Finances a même envisagé de cesser complètement ou de réduire considérablement le financement de plusieurs organisations internationales, y compris l’OTAN et l’ONU, afin de diminuer leur contribution aux structures mondiales. Ces propositions ont suscité une large réaction et sont évoquées dans le contexte d’une lutte politique interne. D’après le mémorandum, ces problèmes ont déjà un impact tangible sur le travail des employés. La Direction humanitaire de l’ONU annonce une réduction de 20 % des effectifs, l’UNICEF également de 20 %, et l’Agence pour les migrations de 30 %, ce qui pourrait entraîner la suppression de plusieurs milliers d’emplois et compliquer la mise en œuvre de programmes d’aide essentiels pour les populations les plus vulnérables. Une attention particulière dans le document interne est portée aux problèmes de gestion inefficace des ressources, à la duplication des mandats, à la croissance de la bureaucratie administrative ainsi qu’à l’augmentation du nombre de missions sans stratégie claire de sortie des situations de crise. Par ailleurs, d’ici au 16 mai, les responsables des structures concernées doivent fournir des listes de postes susceptibles d’être transférés en dehors de New York, Genève ou autres centres de gouvernance globale, afin de réduire les coûts. Globalement, ces initiatives s’inscrivent dans le cadre d’un plan stratégique de réforme de l’organisation, qui continue à faire face au défi de maintenir son efficacité et son crédit mondial en période de ralentissement économique et de crise globale de la confiance dans les structures internationales. Les discussions internes et la préparation à ces changements majeurs se déroulent à l’approche de forums internationaux importants et de la signature de nouveaux accords, qui détermineront les perspectives des activités de l’ONU dans un avenir proche.