À Monaco, il a été arrêté le fils de l’ancien président de la société « Мотор Січ » — Vyacheslav Boorganov, ce qui marque une étape importante dans l’enquête sur de vastes crimes financiers liés au géant industriel ukrainien

Chas Pravdy - 02 mai 2025 09:23

La collaboration opérationnelle conjointe des agents du Service de sécurité ukrainien, des représentants du bureau du procureur général et des structures diplomatiques des pays partenaires a abouti à l’arrestation d’Oleksandre Boorganov dans un environnement de villégiature prestigieux à Monaco. Selon des sources officielles, les enquêteurs ont déterminé que ce jeune homme — en partenariat avec son père — était impliqué dans un schéma ayant conduit à des manipulations financières à grande échelle. Il est également souligné qu’avant même le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, Oleksandre Boorganov a activement contribué à la prise de contrôle du paquet d’actions de l’État de la société « Мотор Січ » avec la revente ultérieure, en restant hors de portée des forces de l’ordre. D’après l’enquête, les actions du suspect et de son père sont étroitement liées à un crime massif de blanchiment d’argent. L’activité militaire, qui a conduit à la prise de contrôle des actifs de « Мотор Січ », suscite depuis longtemps des inquiétudes dans le système judiciaire ukrainien. Les experts affirment que, selon la version des enquêteurs, Vyacheslav Boorganov a, avant la grande agression militaire de la Russie contre l’Ukraine, organisé une campagne délibérée incluant la baisse artificielle du cours des actions de l’entreprise via la falsification de documents d’inventaire. Cela lui a permis d’obtenir le contrôle de 65 % des titres de la société à un prix sous-évalué. En abusant de cette manipulation pour prendre le contrôle des actions, il a transféré une grande partie de celles-ci — via six structures offshore détenues par son fils — à des ères légales et à des personnes morales. Il est indiqué que les suspects ont organisé un vaste système de légitimation d’actifs volés, en les revendant à des sociétés étrangères. Dans leur tentative de dissimuler les traces de leurs activités criminelles et d’utiliser les fonds obtenus pour leur enrichissement, les malfaiteurs ont acquis des biens immobiliers de luxe dans les pays de l’Union européenne, ce qui confirme l’ampleur de leurs manipulations financières. Dans le cadre de l’enquête internationale, plusieurs perquisitions ont été menées au domicile du suspect dans une villa en bord de mer à Monaco, ainsi que dans les appartements de leurs affiliés à Zaporojié. Cela a permis de recueillir des preuves supplémentaires et de saisir des documents confirmant leur activité criminelle. Oleksandre Boorganov est formellement suspecté en vertu de la partie troisième de l’article 209 du Code pénal ukrainien — la légitimation (blanchiment) de biens obtenus par voie criminelle, commise par un groupe organisé en très grande quantité. Il a été rapporté qu’il est également suspecté, ainsi que le dirigeant de « Мотор Січ » pendant sa période de gestion — Vyacheslav Boorganov. Ce dernier est actuellement en détention, et ses actions sont aussi qualifiées selon plusieurs articles du cadre pénal ukrainien, notamment la partie deuxième de l’article 191 — la détention frauduleuse de biens, la violation de ses fonctions officielles, ainsi que d’autres articles relatifs à l’organisation à grande échelle de la légitimation de biens provenant de activités criminelles. Dans les milieux diplomatiques et judiciaires, on souligne que cette affaire constitue l’un des enquêtes les plus retentissantes et complexes de la fin de 2023, témoignant de la détermination des enquêteurs ukrainiens dans la lutte contre les crimes mondiaux visant à détourner les actifs ukrainiens de leur cadre légal et à masquer leurs schémas criminels par le biais du cadre juridique international. Par ailleurs, les juristes et experts insistent sur le fait qu’une punition juste, notamment par une arrestation à l’étranger, est une étape cruciale dans la lutte contre la corruption et pour renforcer la coopération internationale en matière de justice.

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